Un étalage d’ordures constituées majoritairement de sacs plastiques et de reste d’aliments

Edited By :

Moussa CAMARA

HEAD OF SOLUTIONS MAPPING.

 

Comment les ordures sont gérées dans les villes de la région de BoKé ?

Dans le commun des cas, la gestion des ordures regroupe plusieurs paliers ou niveaux d’intervention tels que la production, la pré-collecte, la collecte, le tri et le compactage - transformation. Nous vous proposons ici, une description comparative des méthodologies de gestion des ordures générées ; appliquées par les habitants des différentes villes parcourues.

Que se passe-t-il dans la ville de Kamsar en matière de gestion des déchets ?

Pour la première ville de notre tournée, située au nord-ouest de la Guinée, KAMSAR est à environ 3 heures et demie de Conakry, sur les rives  du Rio Nunez. Elle fait place à de grandes avenues éclairées et bordées de maisons individuelles réservées aux cadres expatriés ou locaux. Des maisons plus modestes, bâties en dur, sont réservées aux travailleurs guinéens.

Kamsar avec sa longue bande de maisons de fortune situées des deux côtés de la principale voie allant de la rentrée constituée de boutiques longeant le bord des chaussés de Kolabouigny à destination de son centre-ville.

Comment y assure-t-on la collecte, le tri et la destruction des ordures ?

Dans les différents quartiers, le constat est immédiat dans la mesure où dès le franchissement des zones habitées le long des rails, reconnues comme la banlieue de Kamsar, on assiste à un étalage d’ordures constituées majoritairement de sacs plastiques et de reste d’aliments, alors qu’on y trouve  pas de poubelle ni de cuvette de camion de collecte pour rassembler ne serait-ce que ce qui provient des ménages afin de les conduire à la décharge. Enfin, s’il en existe !

A cela, s’ajoutent les innombrables ondées de fumés causées par l’incinération des ordures. la pollution de l'air dans la ville de Kamsar reste un autre sujet. Pour ce qui est de la zone réservée aux employés de la compagnie de bauxite, la CITE, on y trouve rarement des images de ce genre. Les rues sont nettoyées très tôt les matins.  Pour le moment, nous ne pouvons vous en dire plus.

Ayant fini cette étape, nous prenons la destination de BOKE; suivez ci-après ce qui s’y passe.

Le Grand BOKE, comment y gère-t-on les ordures ?

Etant informés de la situation environnementale, nous avons pris le soin de nous préparer. Hermétiquement enfermés dans notre Prado, fadant sur son chemin l’ombre rougeâtre étendue sur toute la ville, voici que nous prenions la destination de Boké.

Sous un nuage clément où l’harmonie entre le vent et les feuilles des arbres qui sillonnent (jalonnent) les deux côtés de la voie, se fait sentir sur le parebrise de notre voiture et nous, dans une ambiance quasi concertante, nous nous préparions à affronter notre adversaire, le plus redouté de cette zone :

LA POUSSIERE et même le nuage de poussière constitué par les allées et venues des camions de chargement et transport de bauxite.

Les toits, les véhicules stationnés, les motocyclistes aux sourires enchanteurs, les commerçantes des marchés, nul n’était épargné par ce revêtement de poussière. Pour une zone aussi prisée, le mécanisme de gestion de l’environnement devrait être plus dynamique. Pour notre prochaine visite, nous nous ferons bien le plaisir de chercher à comprendre s’il existe au moins une feuille de route à propos.

Nous y voici, Boké centre ; bizarre, nous ne retrouvons pas ou tout du moins, nous sommes en face d’une cité qui est chèrement vendu par le nom que par ce qui est réel, la qualité de la vie.

Nous prendrons donc place à la poste de la localité mais avant d’y arriver, nous ferons escale à la place des martyrs pour voir ô combien a été la réussite de la fête de l’indépendance et enfin nous rassurer de l’impact de cet évènement qui dans un cadre normal devrait permettre à la ville de bénéficier de nombreuses infrastructures.

Contre toute attente, c’est le désarroi total. Rien, mais rien de rien n’y existe encore, que des tas d’ordures dispersés çà et là sur l’étendue de la place. Nous décidons alors de ne pas perdre de temps et prenons direction pour la poste.

Arrivés à la Poste, nous nous dirigeons vers une cour constituée de trois grands bâtiments entre-espacés par une case sur la gauche et un couloir donnant sur la chassée par la droite. Notre QG, pour tenir rencontres et exercices, est bien l’exemple typique de ce qui se vit dans le commun des quartiers de cette ville.

La grande cour dont l’arrière est réservée pour le stationnement des véhicules non opérationnels, on lit sur les images ci-dessus une propreté des lieux mais qui selon notre analyse a été préparée en toute pièce car, les toitures des maisons en disaient long sur l’état réel de ce lieu.

En plein exercice, nous avons été fortement troublés par l’odeur de la calcination de plastiques combinés à toute sorte de déchets ménagers comme l’illustre l’image suivante :

  Après notre exercice de questionnement pour comprendre le fonctionnement des femmes entrepreneures qui avaient fort bonne allure et nous avaient gratifié d’un repas succulant à base de riz accompagné de sauce à feuilles de patate.

Nous prenons alors la direction de Fria, après quelques mises au point avec l’équipe.

FRIA, réputée pour sa beauté et sa qualité de vie, est aujourd’hui l’ombre d’elle-même. Les rues sont, par endroit, dévêtues ; la poussière a carrément pris d’assaut le long des zones d’habitation, et pile, nous voici devant le garant de la salubrité de la cité : LA Préfecture de Fria en dépotoir !

La Préfecture de Fria, comme si l’on exprimait le ressentiment d’une situation en rapport avec les ordures, en tout cas, il y a de la part des habitants, ceci doit porter une lourde signification. Des ordures de toutes natures : restes d’habits, chaussures, sacs plastiques, restes de nourriture et quelques excréments d’humains et d’animaux. C’est la débandade totale, nous ne pouvions que regarder, nous étions cristallisés par l’ampleur de la situation. Ceci doit certainement représenter l’amas d’une journée puisque, en une semaine on devrait retrouver une montagne.

Comment se débarrassent-ils de ce tas ? Existe-t-il des décharges ? Qui en est le collecteur ?

Incinération le Dimanche, c’est malheureusement dans ce brouillard de fumée nauséabonde que nous assistons à la manifestation du mouvement « Fria, ville propre ! », initié par un des fils de la localité. Sans oublier que ces supposées décharges à ciel ouvert, à la différence des sites d’enfouissement, n’ont pas été conçues pour protéger ni l’environnement ni la santé des êtres humains.

Que devons-nous retenir ?

 De Kamsar à Fria, en passant par Boké, le constat est fort alarmant. Les mécanismes de gestion d’ordure sont inefficacement repartis sur les différentes villes, très peu ou presque pas du tout de poubelle, les espaces libres non mis en valeurs et les populations en profitent pour y déverser les ordures lourdement chargées de reste de nourriture dont la décomposition représente un danger pour l’environnement. A cela s’ajoute l’utilisation des méthodes de destruction qui sont encore plus destructrices du niveau de santé de la population et sur le climat. Quant aux plastiques, aucune stratégie de collecte ou de revalorisation n’a été identifiée.

Que faire pour y remédier ?

Face à cette situation, nous interpellons :
- Les autorités à revoir leur plan de sorte à mettre très rapidement les citoyens face à leurs responsabilités tout en rendant disponibles les poubelles à chaque carrefour, Utiliser des Cuvettes de camion collecteur équipés de trieur sur place pour séparer les déchets plastiques des autres déchets biodégradables. Sur les poubelles doivent être mentionnés ou inscrites en texte et image, les consignes relatives au type d’ordure à y mettre.

Pour ce qui est des lieux éventuellement mis en valeur, des amandes non négociables doivent être établies pour dissuader les contrevenants.

- Les compagnies d’extraction minière à, doivent, elles, au-delà de leur rôle d’exemplarité,   procéder à l’encouragement des secteurs ou quartiers qui s’efforceront à maintenir et supporter l’aspect environnemental de la cité par le comportement et l’engagement à garantir la propreté de leur espace de vie. Des prix peuvent être dédiés à cet effet…

- Les citoyens à plus de civisme, cultiver et la gestion des ordures dans la cellule familiale, donner aux enfants de bons exemples et leur apprendre à protéger l’environnement pour tous…

 

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