La Situation des femmes en Guinée: Genre et Egalité des sexes en Guinée 

la République de Guinée depuis son indépendance en 1958, s’est engagée dans des actions en faveur de l’égalité des sexes. Des engagements ont été pris à travers la promulgation de textes de loi, la ratification de conventions internationales, l’adoption de documents d’orientation politique majeure comme la Politique nationale du genre (PNG).

Le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, première phase de mise en œuvre de la Vision Guinée 2040, est aligné sur les agendas 2030 des Objectifs de Développement Durable (ODD) et 2063 de l’Union Africaine. Il vise entre autres, à adresser les problématiques d’inégalité de genre à tous les niveaux.  En particulier, le Pilier 3 du PNDES a pour objectif « le développement du capital humain » visant à valoriser ce capital et à renforcer la lutte contre l’exclusion et les inégalités sociales. Il met en exergue l’intensification des investissements en faveur de l’éducation/formation, l’emploi productif et l’entrepreneuriat en faveur de l’autonomisation des femmes.

 

L’analyse des indicateurs classiques de développement sous le prisme du genre, révèle des disparités évidentes. Avec une population de 11.883.516 en 2018 dont 52% de femmes, la pauvreté semble nettement plus marquée au niveau des femmes – notamment, pour ce qui concerne l’accès à l’éducation, la santé, ou encore l’emploi. L’Enquête intégrée de base pour l’évaluation de la pauvreté révèle que plus de 53,3% de pauvres vivant en milieu rural sont pour l’essentiel des femmes. Elle évalue, par ailleurs, le taux d’alphabétisation des adultes (15 ans ou plus) à 14,1% pour les femmes, contre 45,7% pour les hommes. Du point de vue de l’emploi, en dépit de leur représentation majoritaire dans la population totale, les femmes restent sous-représentées au sein de l’administration publique ; avec en particulier des difficultés d’accès aux postes de responsabilité.

Selon le Ministère de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et de la Modernisation de l’Administration elles représentaient moins de 30% de l’effectif de la fonction publique guinéenne en 2018. Actuellement 7 portefeuilles ministériels sont dirigés par des femmes sur 38 ministères que compte le gouvernement, indiquant une représentativité de 18,42%, en évolution par rapport au précédent gouvernement qui était de 10,52%, avec quelques postes stratégiques tels que Plan et Développement Économique, Energie, Agriculture, Coopération et Intégration Africaine, Droits et Autonomisation des Femmes, Actions Sociales et personnes vulnérables.  Pour un échantillon de 19 ministères, le nombre de femmes Secrétaires Générales et Cheffes de cabinet est respectivement de trois (3) soit 15,78% et de six (6) soit 31,57%.

Dans le domaine de la santé, les femmes guinéennes, surtout dans les campagnes, peinent à accéder aux services de santé adéquats, en particulier de soins obstétriques et de planification familiale.

Bien qu’illégale depuis 2000, l'excision est particulièrement ancrée dans les pratiques culturelles et traditionnelles. Elle reste pratiquée dans toutes les régions, quel que soit leur niveau de développement socio-économique. La violence à l’égard des femmes est aussi répandue en milieu urbain qu’en milieu rural. Le taux de prévalence des mariages précoces est l’un des plus élevé dans le monde : en moyenne 3 filles sur 5 sont mariées avant d’avoir l’âge de 18 ans. Dès lors, 40% d’entre elles ont déjà eu un enfant à l’âge de 18 ans et 11% avant l’âge de 15 ans.

Par ailleurs, l'épidémie du virus Ebola qui a touché la Guinée en 2014 a démontré que la gent féminine est faiblement protégée et constitue la couche la plus fragile du corps social. On comptait ainsi, en novembre 2014, plus de 600 veuves du fait d’Ebola. De plus, les décès des femmes actives enregistrées ont exacerbé la vulnérabilité des jeunes filles et des adolescentes, qui sont devenues systématiquement la relève dans l’exécution des travaux domestiques. Cette implication les a amenés à prendre soin des personnes contaminées au sein de la famille, les exposant ainsi davantage au virus Ebola, à la précarité et à d’autres formes de violences.

 Représentativité des femmes dans l’emploi et le secteur informel

Les femmes représentent près de 52% de la population guinéenne estimée à 11 883 516 en 2018. Les statistiques ci-dessous mesurent l’ampleur des nombreux défis qui restent à relever pour améliorer la condition de la femme guinéenne.

 

En Guinée, la population en âge de travailler est estimée en 2018 à 6 308 466 sur une population totale de 11 883 516, soit un ratio de 53,1%. Plus de la moitié de cette population réside en milieu urbain (59%) et est constituée majoritairement (51,8%) des jeunes de 15-34 ans. Les femmes (55,5%) constituent la frange la plus importante de cette population en âge de travailler, selon l’enquête nationale sur l’emploi et le secteur informel en Guinée.

 

 

Cependant, le taux de participation à la main d’œuvre ou taux d’activité est plus élevé chez les hommes (67,1%) que chez les femmes (43,9%). En milieu urbain, il est de 61,3% pour les hommes contre 43,3% chez les femmes, soit un écart de 18 points. L’écart entre les hommes et les femmes est plus prononcé en zone rural (26,3 points).

Près de la moitié (45%) des femmes en emploi travaillent dans le commerce ou rendent des services directs aux particuliers, 30,5% pratiquent l’agriculture, la sylviculture ou la pêche, 13,8% exercent des professions élémentaires, 2,9% des professions intellectuelles et scientifiques (contre 6,9% chez les hommes) et 5,4% exercent des métiers qualifiés de l'industrie et de l'artisanat (contre 16,3% chez les hommes).

Le taux d’emploi des femmes (41,7%) est de loin plus faible que celui des hommes (63,9%) et reste inférieure à la moyenne nationale (51,6%). Le taux de sous-emploi lié au temps de travail est aussi plus marqué chez les femmes (35,6%) que chez les hommes (28%). De même, le niveau de sous-emploi invisible est plus accentué chez les femmes (11,9%) que chez les hommes (6,6%). Autrement dit, 11,9% des femmes en situation d’emploi perçoivent un revenu horaire inférieur à la norme fixée par la réglementation en vigueur en République de Guinée, qui est de 450 000 GNF, contre seulement 6,6% des hommes.

Le secteur informel occupe la majorité de la population en situation d’emploi (95,6%). Ce taux est quasiment le même chez les femmes (95,4%) que chez les hommes (95,8%). Bien que le taux d’auto-emploi soit presque identique chez les femmes (65,8%) que chez les hommes (66%), des disparités importantes persistent au sein des milieux de résidence. En zone urbaine, le taux d’auto-emploi des femmes (75,1%) est plus élevé que chez les hommes (50,4%) alors qu’en milieu rural l’inverse est observé (73,5% pour les hommes contre 60,4% pour les femmes).

Selon le BIT, le taux d’emploi vulnérable représente la « Part des travailleurs pour leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés dans le total des emplois ». En Guinée, Il est de 83% pour l’ensemble de la population.

Partant de ces constats le Gouvernement Guinéen s’est assigné comme vision de bâtir une société débarrassée de toutes les formes d’inégalités et d’iniquités qui garanti à tout homme, femme, fille et garçon la réalisation de leurs potentiels pour leur plein épanouissement.

La Place du Genre au PNUD Guinée

Le PNUD Guinée, résolument engagé à faire de l’égalité de Genre une réalité tant au niveau organisationnel que programmatique, a adhéré en 2013, au processus. Le bureau a débuté ce processus par une auto-évaluation de son programme et de ses opérations en vue d’identifier les avancées et les défis à considérer pour améliorer sa performance en matière d’intégration du Genre. Les recommandations de cet exercice ont conduit le PNUD Guinée à se doter d’une Stratégie Genre 2014-2017, alignée à la stratégie genre au niveau corporate et aux critères relatifs à l’Initiative « Gender Equality Seal ».

 

 

Dans ce cadre un point focal genre a été nommée et une task force genre mise en place pour conduire le processus conformément aux directives du management, soutenir l’intégration de la dimension genre dans tous les aspects de la vie de l’organisation. La mission de la task force genre est d’assurer la mise en œuvre du Plan d’Action du Gender Equality.

 

 

Dirigé par le management, l’équipe focal genre est composée des membres du programme et des opérations. Elle appui la coordination des interventions axées sur le genre en termes de plaidoyer, de renforcement de capacité, de mobilisation de ressources et de mise en œuvre de la stratégie genre du PNUD.

Le bureau pays a complété  son auto-évaluation et son plan de redressement pour la période Janvier-Juin 2014 et figure parmi les 29 pays qui ont finalisé le processus les  44 pays participants, avec un  score final de 61%, soit 27 points sur 44, et obtenu la certification en bronze. C’est une amélioration significative comparé au score de 42% en 2013.

Au-delà de l’objectif d’avoir la certification GES la plus élevée, le bureau du PNUD Guinée ambitionne de porter le leadership d’intégration du genre à tous les niveaux. De l’équipe pays des Nations Unies aux institutions nationales en passant par les Organisation de la Sociétés Civil, le PNUD mène des démarches pour sa meilleure prise en compte dans toutes les stratégie et interventions de développement.

 

 

Le PNUD Guinée est résolument engagé dans la gestion et la protection de ses ressources humaines par l’atténuation les discriminations à l’égard des femmes, la prévention de harcèlement sexuel et d’autres type de harcèlement grâce à des dispositions formelles, la formation et la sensibilisation de tout le personnel. Toutes ces dispositions et stratégies contribuent à améliorer la qualité de l’environnement de travail, les résultats du bureau, la sureté et la sécurité des travailleurs.

La réduction des inégalités au Centre des interventions du PNUD

Le PNUD dans son Document de Programme Pays (CPD 2018-2022) en lien avec les priorités nationales de la Guinée, a mis au centre de ses interventions le développement humain durable et la réduction des inégalités. Ainsi, une attention particulière est portée aux questions d’égalité des sexes et de genre dans tous les programmes et projets en collaboration avec nos principaux partenariats sectoriels, en charge de la justice, de la planification et du développement économique, de la sécurité, de la défense, de la formation professionnelle, de l’administration du territoire et de l’action sociale…

 

 

Avec ses différents partenaires, les approches d’intervention du bureau en matière d’égalité des sexes pour cette période, s’articulent autour de plusieurs domaines parmi lesquels le soutien aux reformes des cadres légaux et politiques, l’appui à la participation des femmes à toutes les instances de prise de décision et de contrôle citoyen l'autonomisation économique des femmes et des filles et le renforcement de la résilience des groupes vulnérables surtout des femmes. Le Document de Programme Pays repose sur deux grands piliers qui sont (i)Promotion de la bonne gouvernance en vue du développement durable et (ii) Transformation économique et gestion durable du capital naturel, au travers desquels il soutient l’intégration et la prise en compte des préoccupations liées à la question des femmes et du genre de la conception, la mise en œuvre en passant par le suivi-évaluation.

Pilier I : Promotion de la bonne Gouvernance pour un Développement durable

Sous ce pilier, les interventions en matière d’égalité des sexes portent sur l’institutionnalisation d’une gouvernance sensible aux questions de genre, l’appui à la participation des organisations féminines dans les sphères de prises de décisions politiques, économiques et sociales ; le renforcement des capacités de la communauté, l’implication des femmes dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits.

Les actions d’appui au renforcement des cadres légaux et réglementaires se poursuivront avec un accent particulier sur le genre et l’équité entre les sexes. Ainsi, les appuis du PNUD en la matière devront contribuer à l’adoption des principaux lois et textes telle que la loi sur la parité, le code civil et le code de procédure pénal. Dans le domaine de l’appui à la chaîne pénale et à la sécurité, le PNUD soutiendra la mise en œuvre des réformes pour une meilleure prise en charge des questions de genre et un meilleur traitement des cas de violences basées sur le genre. Sur la base de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le PNUD opérera des actions de sensibilisation, d’information dans le sens de renforcer la participation de la femme, non seulement en tant qu’actrices clés dans la gestion et la consolidation de la paix, mais également en tant qu’électrices, candidates et observatrices.

Les actions d’appui à l’amélioration du cadre de planification de mise en œuvre et de suivi-évaluation au niveau national, régional et communal, porteront sur la prise en compte effective des questions liées au genre reflété dans les plans de développement local.

Pilier II : Transformation économique et gestion durable du capital naturel

En partenariat avec les principaux acteurs de la transformation économique et de la gestion durable du capital, ministères de l’action sociale, du plan et du développement économique, de l’environnement et les organisation et groupements paysans, le PNUD travaillera à l’effectivité de la prise en compte du genre dans les interventions sous ce pilier à travers :

Le renforcement des capacités des organisations et associations paysannes en matière de respect des normes internationales et l’accès aux nouvelles opportunités commerciales avec un accent particulier sur les organisations féminines. Les appuis organisationnels, structurels et techniques que le PNUD se promet d’apporter à ces organisations féminines permettront de renforcer leur compétitive et positionnement sur le plan national et sous-régional.

 

L’accompagnement à l’effectivité des chaînes de valeurs dans les différents secteurs économiques se fera avec une plus grande implication des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. La mise en œuvre des activités génératrices de revenus, la création d’emplois décents, l’accès aux financements ainsi que la promotion de l’entreprenariat devront tenir compte de la problématique de l’intégration du genre et de la prise en compte des femmes.

Le PNUD reconnait le rôle important que joue la femme en matière de gestion durable de l’environnement. A cet effet, les actions prévues dans le CPD portant sur la gestion des déchets, la promotion de l’emploi vert, l’adaptation au changement climatique, l’accès aux énergie renouvelables et aux technologies de substitution concourent à la prise en compte de la problématique du genre et de l’égalité des sexes. A titre illustratif, référence pourrait être faite à la mise en place de bio-digesteurs, la distribution de foyers améliorés.

En appui aux acteurs de la gestion de l’environnement, les actions de mobilisation des ressources veilleront à la prise en compte des besoins des femmes.

Dans l’optique du renforcement du système national de statistiques, domaine transversal, le PNUD à travers ses appuis veillera à ce que la désagrégation par sexe soit effective dans tous les outils statistiques, de la planification, au suivi-évaluation avec une budgétisation sensible au genre.

Appui du PNUD à la Promotion du Genre en Guinée

1- Gouvernance, Consolidation de la paix, Sécurité/Justice et Décentralisation

Les objectifs poursuivis par le PNUD dans ce domaine s’inscrivent dans les politiques nationales genre et dans les programmes du Gouvernement en matière de justice, de sécurité et de décentralisation.

En 2013 en rapport avec les élections législatives, le PNUD a apporté un appui substantiel au Gouvernement notamment dans la mobilisation des fonds nécessaires au financement des élections. Dans ce cadre, un réseau formel de formateurs électoraux a été mis en place et formé, comptant 59 438 agents des bureaux de vote dont 11,10% de femmes (6 602). Une plateforme de veille pour un meilleur suivi des élections des femmes a été mise en place avec 141 jeunes leaders dont 52 filles/femmes leaders représentant des Associations issus du milieu universitaire et des partis politiques. Le Projet Gouvernance et Etat de Droit du PNUD, porteur de cette initiative a assuré des sessions de formation pour ce groupe sur les systèmes électoraux, les enjeux des élections législatives, les mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits.

L’une des retombées majeures de ces formations a été l’organisation des campagnes d’information et de sensibilisation, portant sur les droits et devoirs des citoyens/nes en matière électorale, auprès de la population particulièrement des femmes dans leurs régions. Ces activités de formation et de sensibilisation ont sans doute contribué à impulser la participation des femmes au débat citoyen et démocratique aux élections législatives.

 

La contribution du PNUD a été significative dans le domaine de l’éducation civique de la population notamment des femmes. Sur la base d’un manuel d’éducation civique et citoyenne portant sur les droits humains et l’égalité du genre, 250 jeunes dont 28% de filles/femmes ont été formés et sensibilisés dans la zone spéciale de Conakry. Ces formations et sensibilisations portant sur le code électoral, l’inscription sur les listes électorales, les opérations de vote, ont rehaussé la participation des femmes au processus électoral où 23,83% de candidatures féminines ont été dénombrées. Dans le même cadre, le réseau des femmes du fleuve Mano, REFMAP, grâce à l’appui du PNUD a mené des actions de sensibilisation des habitants/tes de la capitale sur les droits humains et le genre. Toutes ces actions ont participé à maintenir un climat d’apaisement social pendant et après les élections.

 

Le renforcement du contrôle citoyen de l'action publique a été soutenu. Dans ce cadre, la formation de 120 acteurs dont 40 femmes de la société civile et 24 autorités administratives et locales dont 9 femmes a eu comme effet la mise en place de 12 Cellules de Veille Citoyenne (CVC) en Contrôle citoyen de l'Action Publique (CAP) dans 12 Communes urbaines du pays. Ces cellules ont développé dans leur commune respective des relations d'échanges et de concertation entre les gouvernants et les gouvernés en vue de l'exercice effectif du principe de redevabilité des autorités vis-à-vis des citoyens. A titre d’exemple, les cellules se sont investies dans le suivi de la gratuité de la césarienne et des médicaments dans les centres de santé, conformément aux directives édictées par le gouvernement en matière de gratuité de certains soins pour les femmes enceintes.

 

L’une des initiatives majeures de cette période concernait également le projet de renforcement des capacités des structures de veille des femmes appelées « Cases de veille ». Réalisé en partenariat avec la Coalition des Filles et Femmes de Guinée pour le Développement et la Consolidation de la paix en Guinée (COFFIG) financée par le PNUD, ce projet avait pour principale finalité de « renforcer le rôle des femmes dans l’instauration d’un climat de confiance et la promotion d’une culture de non-violence avant, pendant et après les élections présidentielles de 2015 ». Les cases de veille ont été implantées à Conakry et dans les 7 régions administratives du Pays. Les acquis majeurs enregistrés ont été la mise en place d’un mécanisme d’alerte précoce et de réponse rapide dans le cadre de l’observation des élections législatives de 2013 et les élections présidentielles de 2015. Ses actions de mobilisation et de sensibilisation pour des élections apaisées à travers 34 ateliers de partage ont touché 1 770 femmes. Par le biais de ses relais disséminés à travers le pays, les cases de vielle ont pu traiter et désamorcer environ 1 604 cas d’alertes conflictogènes le jour du scrutin, dont 989 alertes rouges. Elles ont également contribué à corriger plusieurs dysfonctionnement et anomalies du processus électoral grâce à une collaboration directe avec la CENI.

 

 

En lien avec la HAC (Haute Autorité de la Communication), elles ont assuré la surveillance médiatique des interventions des différents acteurs politiques. Avec la gendarmerie et la police des cas d’affrontements effectifs ou de risques élevés de violences ont été signalés et prévenus. Les irrégularités d’ordre administratif constatés lors des scrutins ont été partagées avec les ministères concernés.

Dans son partenariat avec l’Assemblée Nationale, en plus de ses appuis techniques (ateliers de formation, achats d’équipements, plaidoyer, conseils sur la fonction de parlementaire), le PNUD a contribué activement à l’émergence du Forum des Femmes Parlementaires de Guinée (FOFPAG). Ce forum, grâce à ses actions de sensibilisation et de plaidoyer, a fortement contribué à travers la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, à l’élaboration, l’examen et l’adoption de la loi sur la parité homme/femmes dans les institutions électives et les mandats électoraux. Cette adoption représente une avancée majeure et stipule que les femmes doivent constituer désormais 50% des listes électorales.

L’initiative conjointe PNUD/ONU FEMMES, dans le cadre du Projet Women’s Political Empowerment and Leadership, a ainsi permis au Forum des Femmes Parlementaires de Guinée de mener des campagnes de plaidoyers afin d’encourager et d’accroitre la participation des femmes aux élections communales. Environ 1 443 personnes dont 61,33% de femmes ont été ciblées et plus spécifiquement les autorités, partis politiques, leaders religieux, organisations de la société civile, femmes et jeunes. Des formations en leadership transformationnel et en plaidoyer ont été organisées en faveur de 210 femmes. A cet effet, les élections communales de 2018 ont enregistré 7 044 soit 23,83% de candidatures féminines aux postes de Conseillers communaux et 456 femmes (soit 6,5%) ont été élues.

Le soutien aux collectivités locales est également une des priorités du PNUD. Son apport à consisté à la conception d’un guide méthodologique de planification locale sensible aux problématiques de genre et de l’environnement d’une part et d’autre part, au renforcement des capacités des élus/es.

Dans le souci de permettre aux femmes élues d’assumer correctement leur mission de gestion des collectivités, le PNUD a également contribué au renforcement des capacités de 294 conseillères locales de 92 communes urbaines et rurales du pays sur la connaissance et la gestion du développement local. De plus en plus de plans et budgets communaux prennent en compte la problématique genre dès leur élaboration.

En ce qui concerne l’appropriation des droits de la femme, 614 acteurs dont 422 filles/femmes ont bénéficié de l’appui du PNUD pour développer des activités d'accompagnement et de prise en charge des victimes violences basées sur le genre. Aussi, 150 personnes dont 52 femmes issues des OSC, les leaders religieux, les élus locaux et les autorités administratives de la Haute et Moyenne Guinée et de la Guinée Forestière ont été formées sur les droits de la femme, le genre et les techniques d’animation et de communication pour un changement de comportement.

Grâce aux Centres d’Information de Proximité (CIP) installés par le PNUD, 170 filles et femmes victimes de VBG dans trois régions naturelles de la Guinée (Kankan, Kindia et Labé) ont bénéficié d’un accompagnement juridique et judiciaire. En 2017, 202 femmes et mineurs démunis (68 femmes et 134 mineurs) vivant en milieu carcéral (Maisons centrales de Conakry, Kindia et Labé) ont été assistées sur le plan juridique et judiciaire par le PNUD, à travers la mise à disposition de cabinets d’avocats. Ainsi, 24 femmes et 66 mineurs ont pu recouvrer leur liberté, 13 femmes et 27 mineurs ont été jugés et purgent actuellement leurs peines dans ces juridictions ; 41 mineurs et 31 femmes sont encore en prison dans l’attente de leur procès.

Les appuis stratégiques apportés au gouvernement guinéen et aux acteurs politiques par le PNUD ont été déterminants dans l’évolution des cadres, politiques et lois portant sur l’équité de genre. Plusieurs ministères et entités nationales clés ont bénéficié de son accompagnement dont :

(I) Le Ministère de la Défense Nationale. Une stratégie nationale de prévention et de résolution des conflits qui prend en compte la dimension genre a été élaborée et adoptée.

(II) Le Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance. A travers un appui financier et une expertise technique, suite à la révision de la Politique Nationale du Genre (PNG I), une nouvelle politique a été validée et son plan stratégique de mise en œuvre en 2017.

En appui au renforcement des capacités du ministère de l’Action Sociale, 56 assistantes sociales ont été formées sur les techniques de collecte et de remontée des informations en lien avec l’évaluation finale du projet d’appui aux survivants d’Ebola.

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