Le PNUD en Guinée

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est le réseau mondial de développement dont dispose le Système des Nations Unies. Il prône le changement et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources dont leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie. Le PNUD aide les gouvernements et les peuples à identifier leurs propres solutions aux défis nationaux et mondiaux auxquels ils sont confrontés en matière de développement. Pour renforcer les capacités les pays peuvent s’appuyer à tout moment sur le personnel du PNUD ainsi que sur un large éventail de partenaires à l’efficacité prouvée.

Le PNUD appuie les processus nationaux pour faire accélérer les progrès en matière de développement humain. Il a pour objectif d’éliminer la pauvreté par le développement, promouvoir la croissance économique équitable et durable, et le développement des capacités. Enfin, le PNUD s’emploie à améliorer réellement la vie des personnes, et à faire en sorte que de meilleurs choix et opportunités s'offrent à elles.

Le Plan stratégique est l'instrument de planification globale du PNUD qui met en relief la vision et la mission de l'Organisation. Le Plan définit également buts et objectifs concrets à atteindre au cours des quatre années que dure le cycle afin d’appuyer les programmes de pays dans leurs efforts pour accomplir les objectifs nationaux pour le développement.

Le PNUD s'appuie sur un Plan stratégique global de quatre ans pour établir l'orientation générale de ses opérations. Le Plan stratégique actuel couvre la période 2018-2021. En parfaite cohérence avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030, avec les principes d’universalité et d’égalité ainsi qu’avec le principe consistant à ne laisser personne de côté. Ce plan énonce pour le PNUD une vision qui guidera son évolution au fil des quatre années à venir, face à un paysage du développement lui-même en évolution.


Ce plan a été conçu pour être sensible à la large diversité des pays que le PNUD sert.  Cette diversité trouve son reflet dans les trois grandes situations de développement décrites dans le plan : éradication de la pauvreté, transformations structurelles et renforcement de la résilience. Le Plan stratégique définit six « solutions distinctives » sur lesquelles le PNUD alignera désormais ses ressources et son expertise, de manière à avoir de réels impacts sur la pauvreté, la gouvernance, l’accès à l’énergie, l’égalité des sexes, la résilience et la durabilité environnementale. 

Le PNUD dans la mise en oeuvre des Objectifs pour le Développement durable (ODD)

Entrés en vigueur en janvier 2016, les ODD vont continuer à orienter les politiques et le financement du PNUD pour les 15 prochaines années. Le PNUD occupe une position stratégique pour contribuer à mettre en œuvre les Objectifs pour le Développement durable par le biais des activités qu’il mène dans 170 pays et territoires.

Situation Economique de la Guinée

La République de Guinée, située en Afrique de l’Ouest dispose d’énormes richesses en ressources naturelles. Pourtant, selon le Plan National de Développement Economique et Social (2016-2020), plus de la moitié de la population guinéenne vit en dessous du seuil de pauvreté (taux de pauvreté de 55,2%).

Mais depuis 2016, la Guinée se trouve sur une dynamique de forte croissance économique. Selon les statistiques officielles, le taux de croissance est passé de 3,8% en 2015 à 13,4% en 2017 et se situe à 8,7% en 2018. Cette croissance est due essentiellement aux investissements réalisés dans les secteurs des mines, de l’énergie, de l’agriculture et des Bâtiments et Travaux Publics (BTP). En 2019, le taux de croissance projeté est de 5,9% et pourrait se maintenir en 2020. C’est pourquoi, le PNUD Guinée à travers la mise en œuvre de ses deux programmes essentiels : Gouvernance et Etat de Droit et Transformation Economique et Développement durable, appuie le Gouvernement pour accélérer les progrès en matière de développement humain afin de réduire la pauvreté et soutenir la croissance économique équitable et durable.

La Situation des femmes en Guinée: Genre et Egalité des sexes en Guinée 

la République de Guinée depuis son indépendance en 1958, s’est engagée dans des actions en faveur de l’égalité des sexes. Des engagements ont été pris à travers la promulgation de textes de loi, la ratification de conventions internationales, l’adoption de documents d’orientation politique majeure comme la Politique nationale du genre (PNG).

Le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, première phase de mise en œuvre de la Vision Guinée 2040, est aligné sur les agendas 2030 des Objectifs de Développement Durable (ODD) et 2063 de l’Union Africaine. Il vise entre autres, à adresser les problématiques d’inégalité de genre à tous les niveaux.  En particulier, le Pilier 3 du PNDES a pour objectif « le développement du capital humain » visant à valoriser ce capital et à renforcer la lutte contre l’exclusion et les inégalités sociales. Il met en exergue l’intensification des investissements en faveur de l’éducation/formation, l’emploi productif et l’entrepreneuriat en faveur de l’autonomisation des femmes.

L’analyse des indicateurs classiques de développement sous le prisme du genre, révèle des disparités évidentes. Avec une population de 11.883.516 en 2018 dont 52% de femmes, la pauvreté semble nettement plus marquée au niveau des femmes – notamment, pour ce qui concerne l’accès à l’éducation, la santé, ou encore l’emploi. L’Enquête intégrée de base pour l’évaluation de la pauvreté révèle que plus de 53,3% de pauvres vivant en milieu rural sont pour l’essentiel des femmes. Elle évalue, par ailleurs, le taux d’alphabétisation des adultes (15 ans ou plus) à 14,1% pour les femmes, contre 45,7% pour les hommes. Du point de vue de l’emploi, en dépit de leur représentation majoritaire dans la population totale, les femmes restent sous-représentées au sein de l’administration publique ; avec en particulier des difficultés d’accès aux postes de responsabilité. Selon le Ministère de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et de la Modernisation de l’Administration elles représentaient moins de 30% de l’effectif de la fonction publique guinéenne en 2018. Actuellement 7 portefeuilles ministériels sont dirigés par des femmes sur 38 ministères que compte le gouvernement, indiquant une représentativité de 18,42%, en évolution par rapport au précédent gouvernement qui était de 10,52%, avec quelques postes stratégiques tels que Plan et Développement Économique, Energie, Agriculture, Coopération et Intégration Africaine, Droits et Autonomisation des Femmes, Actions Sociales et personnes vulnérables.  Pour un échantillon de 19 ministères, le nombre de femmes Secrétaires Générales et Cheffes de cabinet est respectivement de trois (3) soit 15,78% et de six (6) soit 31,57%.

 

Dans le domaine de la santé, les femmes guinéennes, surtout dans les campagnes, peinent à accéder aux services de santé adéquats, en particulier de soins obstétriques et de planification familiale.

Bien qu’illégale depuis 2000, l'excision est particulièrement ancrée dans les pratiques culturelles et traditionnelles. Elle reste pratiquée dans toutes les régions, quel que soit leur niveau de développement socio-économique. La violence à l’égard des femmes est aussi répandue en milieu urbain qu’en milieu rural. Le taux de prévalence des mariages précoces est l’un des plus élevé dans le monde : en moyenne 3 filles sur 5 sont mariées avant d’avoir l’âge de 18 ans. Dès lors, 40% d’entre elles ont déjà eu un enfant à l’âge de 18 ans et 11% avant l’âge de 15 ans.

Par ailleurs, l'épidémie du virus Ebola qui a touché la Guinée en 2014 a démontré que la gent féminine est faiblement protégée et constitue la couche la plus fragile du corps social. On comptait ainsi, en novembre 2014, plus de 600 veuves du fait d’Ebola. De plus, les décès des femmes actives enregistrées ont exacerbé la vulnérabilité des jeunes filles et des adolescentes, qui sont devenues systématiquement la relève dans l’exécution des travaux domestiques. Cette implication les a amenés à prendre soin des personnes contaminées au sein de la famille, les exposant ainsi davantage au virus Ebola, à la précarité et à d’autres formes de violences.

 Représentativité des femmes dans l’emploi et le secteur informel

Les femmes représentent près de 52% de la population guinéenne estimée à 11 883 516 en 2018. Les statistiques ci-dessous mesurent l’ampleur des nombreux défis qui restent à relever pour améliorer la condition de la femme guinéenne.

En Guinée, la population en âge de travailler est estimée en 2018 à 6 308 466 sur une population totale de 11 883 516, soit un ratio de 53,1%. Plus de la moitié de cette population réside en milieu urbain (59%) et est constituée majoritairement (51,8%) des jeunes de 15-34 ans. Les femmes (55,5%) constituent la frange la plus importante de cette population en âge de travailler, selon l’enquête nationale sur l’emploi et le secteur informel en Guinée.

Cependant, le taux de participation à la main d’œuvre ou taux d’activité est plus élevé chez les hommes (67,1%) que chez les femmes (43,9%). En milieu urbain, il est de 61,3% pour les hommes contre 43,3% chez les femmes, soit un écart de 18 points. L’écart entre les hommes et les femmes est plus prononcé en zone rural (26,3 points).

Près de la moitié (45%) des femmes en emploi travaillent dans le commerce ou rendent des services directs aux particuliers, 30,5% pratiquent l’agriculture, la sylviculture ou la pêche, 13,8% exercent des professions élémentaires, 2,9% des professions intellectuelles et scientifiques (contre 6,9% chez les hommes) et 5,4% exercent des métiers qualifiés de l'industrie et de l'artisanat (contre 16,3% chez les hommes).

Le taux d’emploi des femmes (41,7%) est de loin plus faible que celui des hommes (63,9%) et reste inférieure à la moyenne nationale (51,6%). Le taux de sous-emploi lié au temps de travail est aussi plus marqué chez les femmes (35,6%) que chez les hommes (28%). De même, le niveau de sous-emploi invisible est plus accentué chez les femmes (11,9%) que chez les hommes (6,6%). Autrement dit, 11,9% des femmes en situation d’emploi perçoivent un revenu horaire inférieur à la norme fixée par la réglementation en vigueur en République de Guinée, qui est de 450 000 GNF, contre seulement 6,6% des hommes.

Le secteur informel occupe la majorité de la population en situation d’emploi (95,6%). Ce taux est quasiment le même chez les femmes (95,4%) que chez les hommes (95,8%). Bien que le taux d’auto-emploi soit presque identique chez les femmes (65,8%) que chez les hommes (66%), des disparités importantes persistent au sein des milieux de résidence. En zone urbaine, le taux d’auto-emploi des femmes (75,1%) est plus élevé que chez les hommes (50,4%) alors qu’en milieu rural l’inverse est observé (73,5% pour les hommes contre 60,4% pour les femmes).

Selon le BIT, le taux d’emploi vulnérable représente la « Part des travailleurs pour leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés dans le total des emplois ». En Guinée, Il est de 83% pour l’ensemble de la population.

Partant de ces constats le Gouvernement Guinéen s’est assigné comme vision de bâtir une société débarrassée de toutes les formes d’inégalités et d’iniquités qui garanti à tout homme, femme, fille et garçon la réalisation de leurs potentiels pour leur plein épanouissement.

La Place du Genre au PNUD Guinée

Le PNUD Guinée, résolument engagé à faire de l’égalité de Genre une réalité tant au niveau organisationnel que programmatique, a adhéré en 2013, au processus. Le bureau a débuté ce processus par une auto-évaluation de son programme et de ses opérations en vue d’identifier les avancées et les défis à considérer pour améliorer sa performance en matière d’intégration du Genre. Les recommandations de cet exercice ont conduit le PNUD Guinée à se doter d’une Stratégie Genre 2014-2017, alignée à la stratégie genre au niveau corporate et aux critères relatifs à l’Initiative « Gender Equality Seal ».

Dans ce cadre un point focal genre a été nommée et une task force genre mise en place pour conduire le processus conformément aux directives du management, soutenir l’intégration de la dimension genre dans tous les aspects de la vie de l’organisation. La mission de la task force genre est d’assurer la mise en œuvre du Plan d’Action du Gender Equality.

Dirigé par le management, l’équipe focal genre est composée des membres du programme et des opérations. Elle appui la coordination des interventions axées sur le genre en termes de plaidoyer, de renforcement de capacité, de mobilisation de ressources et de mise en œuvre de la stratégie genre du PNUD.

Le bureau pays a complété  son auto-évaluation et son plan de redressement pour la période Janvier-Juin 2014 et figure parmi les 29 pays qui ont finalisé le processus les  44 pays participants, avec un  score final de 61%, soit 27 points sur 44, et obtenu la certification en bronze. C’est une amélioration significative comparé au score de 42% en 2013.

Au-delà de l’objectif d’avoir la certification GES la plus élevée, le bureau du PNUD Guinée ambitionne de porter le leadership d’intégration du genre à tous les niveaux. De l’équipe pays des Nations Unies aux institutions nationales en passant par les Organisation de la Sociétés Civil, le PNUD mène des démarches pour sa meilleure prise en compte dans toutes les stratégie et interventions de développement.

Le PNUD Guinée est résolument engagé dans la gestion et la protection de ses ressources humaines par l’atténuation les discriminations à l’égard des femmes, la prévention de harcèlement sexuel et d’autres type de harcèlement grâce à des dispositions formelles, la formation et la sensibilisation de tout le personnel. Toutes ces dispositions et stratégies contribuent à améliorer la qualité de l’environnement de travail, les résultats du bureau, la sureté et la sécurité des travailleurs.

       La réduction des inégalités au Centre des interventions du PNUD   

Le PNUD dans son Document de Programme Pays (CPD 2018-2022) en lien avec les priorités nationales de la Guinée, a mis au centre de ses interventions le développement humain durable et la réduction des inégalités. Ainsi, une attention particulière est portée aux questions d’égalité des sexes et de genre dans tous les programmes et projets en collaboration avec nos principaux partenariats sectoriels, en charge de la justice, de la planification et du développement économique, de la sécurité, de la défense, de la formation professionnelle, de l’administration du territoire et de l’action sociale…

Avec ses différents partenaires, les approches d’intervention du bureau en matière d’égalité des sexes pour cette période, s’articulent autour de plusieurs domaines parmi lesquels le soutien aux reformes des cadres légaux et politiques, l’appui à la participation des femmes à toutes les instances de prise de décision et de contrôle citoyen l'autonomisation économique des femmes et des filles et le renforcement de la résilience des groupes vulnérables surtout des femmes. Le Document de Programme Pays repose sur deux grands piliers qui sont (i)Promotion de la bonne gouvernance en vue du développement durable et (ii) Transformation économique et gestion durable du capital naturel, au travers desquels il soutient l’intégration et la prise en compte des préoccupations liées à la question des femmes et du genre de la conception, la mise en œuvre en passant par le suivi-évaluation.

PilierI : Promotion de la bonne Gouvernance pour un Développement durable

Sous ce pilier, les interventions en matière d’égalité des sexes portent sur l’institutionnalisation d’une gouvernance sensible aux questions de genre, l’appui à la participation des organisations féminines dans les sphères de prises de décisions politiques, économiques et sociales ; le renforcement des capacités de la communauté, l’implication des femmes dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits.

Les actions d’appui au renforcement des cadres légaux et réglementaires se poursuivront avec un accent particulier sur le genre et l’équité entre les sexes. Ainsi, les appuis du PNUD en la matière devront contribuer à l’adoption des principaux lois et textes telle que la loi sur la parité, le code civil et le code de procédure pénal. Dans le domaine de l’appui à la chaîne pénale et à la sécurité, le PNUD soutiendra la mise en œuvre des réformes pour une meilleure prise en charge des questions de genre et un meilleur traitement des cas de violences basées sur le genre. Sur la base de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le PNUD opérera des actions de sensibilisation, d’information dans le sens de renforcer la participation de la femme, non seulement en tant qu’actrices clés dans la gestion et la consolidation de la paix, mais également en tant qu’électrices, candidates et observatrices.

Les actions d’appui à l’amélioration du cadre de planification de mise en œuvre et de suivi-évaluation au niveau national, régional et communal, porteront sur la prise en compte effective des questions liées au genre reflété dans les plans de développement local.

Pilier II : Transformation économique et gestion durable du capital naturel

En partenariat avec les principaux acteurs de la transformation économique et de la gestion durable du capital, ministères de l’action sociale, du plan et du développement économique, de l’environnement et les organisation et groupements paysans, le PNUD travaillera à l’effectivité de la prise en compte du genre dans les interventions sous ce pilier à travers :

Le renforcement des capacités des organisations et associations paysannes en matière de respect des normes internationales et l’accès aux nouvelles opportunités commerciales avec un accent particulier sur les organisations féminines. Les appuis organisationnels, structurels et techniques que le PNUD se promet d’apporter à ces organisations féminines permettront de renforcer leur compétitive et positionnement sur le plan national et sous-régional. 

 

L’accompagnement à l’effectivité des chaînes de valeurs dans les différents secteurs économiques se fera avec une plus grande implication des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. La mise en œuvre des activités génératrices de revenus, la création d’emplois décents, l’accès aux financements ainsi que la promotion de l’entreprenariat devront tenir compte de la problématique de l’intégration du genre et de la prise en compte des femmes.

Le PNUD reconnait le rôle important que joue la femme en matière de gestion durable de l’environnement. A cet effet, les actions prévues dans le CPD portant sur la gestion des déchets, la promotion de l’emploi vert, l’adaptation au changement climatique, l’accès aux énergie renouvelables et aux technologies de substitution concourent à la prise en compte de la problématique du genre et de l’égalité des sexes. A titre illustratif, référence pourrait être faite à la mise en place de bio-digesteurs, la distribution de foyers améliorés.

En appui aux acteurs de la gestion de l’environnement, les actions de mobilisation des ressources veilleront à la prise en compte des besoins des femmes.

Dans l’optique du renforcement du système national de statistiques, domaine transversal, le PNUD à travers ses appuis veillera à ce que la désagrégation par sexe soit effective dans tous les outils statistiques, de la planification, au suivi-évaluation avec une budgétisation sensible au genre.

Appui du PNUD à la Promotion du Genre en Guinée

1-       Gouvernance, Consolidation de la paix, Sécurité/Justice et Décentralisation

Les objectifs poursuivis par le PNUD dans ce domaine s’inscrivent dans les politiques nationales genre et dans les programmes du Gouvernement en matière de justice, de sécurité et de décentralisation.

En 2013 en rapport avec les élections législatives, le PNUD a apporté un appui substantiel au Gouvernement notamment dans la mobilisation des fonds nécessaires au financement des élections. Dans ce cadre, un réseau formel de formateurs électoraux a été mis en place et formé, comptant 59 438 agents des bureaux de vote dont 11,10% de femmes (6 602). Une plateforme de veille pour un meilleur suivi des élections des femmes a été mise en place avec 141 jeunes leaders dont 52 filles/femmes leaders représentant des Associations issus du milieu universitaire et des partis politiques. Le Projet Gouvernance et Etat de Droit du PNUD, porteur de cette initiative a assuré des sessions de formation pour ce groupe sur les systèmes électoraux, les enjeux des élections législatives, les mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits.

L’une des retombées majeures de ces formations a été l’organisation des campagnes d’information et de sensibilisation, portant sur les droits et devoirs des citoyens/nes en matière électorale, auprès de la population particulièrement des femmes dans leurs régions. Ces activités de formation et de sensibilisation ont sans doute contribué à impulser la participation des femmes au débat citoyen et démocratique aux élections législatives.

 

La contribution du PNUD a été significative dans le domaine de l’éducation civique de la population notamment des femmes. Sur la base d’un manuel d’éducation civique et citoyenne portant sur les droits humains et l’égalité du genre, 250 jeunes dont 28% de filles/femmes ont été formés et sensibilisés dans la zone spéciale de Conakry. Ces formations et sensibilisations portant sur le code électoral, l’inscription sur les listes électorales, les opérations de vote, ont rehaussé la participation des femmes au processus électoral où 23,83% de candidatures féminines ont été dénombrées. Dans le même cadre, le réseau des femmes du fleuve Mano, REFMAP, grâce à l’appui du PNUD a mené des actions de sensibilisation des habitants/tes de la capitale sur les droits humains et le genre. Toutes ces actions ont participé à maintenir un climat d’apaisement social pendant et après les élections.

Le renforcement du contrôle citoyen de l'action publique a été soutenu. Dans ce cadre, la formation de 120 acteurs dont 40 femmes de la société civile et 24 autorités administratives et locales dont 9 femmes a eu comme effet la mise en place de 12 Cellules de Veille Citoyenne (CVC) en Contrôle citoyen de l'Action Publique (CAP) dans 12 Communes urbaines du pays. Ces cellules ont développé dans leur commune respective des relations d'échanges et de concertation entre les gouvernants et les gouvernés en vue de l'exercice effectif du principe de redevabilité des autorités vis-à-vis des citoyens. A titre d’exemple, les cellules se sont investies dans le suivi de la gratuité de la césarienne et des médicaments dans les centres de santé, conformément aux directives édictées par le gouvernement en matière de gratuité de certains soins pour les femmes enceintes.

L’une des initiatives majeures de cette période concernait également le projet de renforcement des capacités des structures de veille des femmes appelées « Cases de veille ». Réalisé en partenariat avec la Coalition des Filles et Femmes de Guinée pour le Développement et la Consolidation de la paix en Guinée (COFFIG) financée par le PNUD, ce projet avait pour principale finalité de « renforcer le rôle des femmes dans l’instauration d’un climat de confiance et la promotion d’une culture de non-violence avant, pendant et après les élections présidentielles de 2015 ». Les cases de veille ont été implantées à Conakry et dans les 7 régions administratives du Pays. Les acquis majeurs enregistrés ont été la mise en place d’un mécanisme d’alerte précoce et de réponse rapide dans le cadre de l’observation des élections législatives de 2013 et les élections présidentielles de 2015. Ses actions de mobilisation et de sensibilisation pour des élections apaisées à travers 34 ateliers de partage ont touché 1 770 femmes. Par le biais de ses relais disséminés à travers le pays, les cases de vielle ont pu traiter et désamorcer environ 1 604 cas d’alertes conflictogènes le jour du scrutin, dont 989 alertes rouges. Elles ont également contribué à corriger plusieurs dysfonctionnement et anomalies du processus électoral grâce à une collaboration directe avec la CENI.

En lien avec la HAC (Haute Autorité de la Communication), elles ont assuré la surveillance médiatique des interventions des différents acteurs politiques. Avec la gendarmerie et la police des cas d’affrontements effectifs ou de risques élevés de violences ont été signalés et prévenus. Les irrégularités d’ordre administratif constatés lors des scrutins ont été partagées avec les ministères concernés.

Dans son partenariat avec l’Assemblée Nationale, en plus de ses appuis techniques (ateliers de formation, achats d’équipements, plaidoyer, conseils sur la fonction de parlementaire), le PNUD a contribué activement à l’émergence du Forum des Femmes Parlementaires de Guinée (FOFPAG). Ce forum, grâce à ses actions de sensibilisation et de plaidoyer, a fortement contribué à travers la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, à l’élaboration, l’examen et l’adoption de la loi sur la parité homme/femmes dans les institutions électives et les mandats électoraux. Cette adoption représente une avancée majeure et stipule que les femmes doivent constituer désormais 50% des listes électorales.

L’initiative conjointe PNUD/ONU FEMMES, dans le cadre du Projet Women’s Political Empowerment and Leadership, a ainsi permis au Forum des Femmes Parlementaires de Guinée de mener des campagnes de plaidoyers afin d’encourager et d’accroitre la participation des femmes aux élections communales. Environ 1 443 personnes dont 61,33% de femmes ont été ciblées et plus spécifiquement les autorités, partis politiques, leaders religieux, organisations de la société civile, femmes et jeunes. Des formations en leadership transformationnel et en plaidoyer ont été organisées en faveur de 210 femmes. A cet effet, les élections communales de 2018 ont enregistré 7 044 soit 23,83% de candidatures féminines aux postes de Conseillers communaux et 456 femmes (soit 6,5%) ont été élues.

Le soutien aux collectivités locales est également une des priorités du PNUD. Son apport à consisté à la conception d’un guide méthodologique de planification locale sensible aux problématiques de genre et de l’environnement d’une part et d’autre part, au renforcement des capacités des élus/es.

Dans le souci de permettre aux femmes élues d’assumer correctement leur mission de gestion des collectivités, le PNUD a également contribué au renforcement des capacités de 294 conseillères locales de 92 communes urbaines et rurales du pays sur la connaissance et la gestion du développement local. De plus en plus de plans et budgets communaux prennent en compte la problématique genre dès leur élaboration.

En ce qui concerne l’appropriation des droits de la femme, 614 acteurs dont 422 filles/femmes ont bénéficié de l’appui du PNUD pour développer des activités d'accompagnement et de prise en charge des victimes violences basées sur le genre. Aussi, 150 personnes dont 52 femmes issues des OSC, les leaders religieux, les élus locaux et les autorités administratives de la Haute et Moyenne Guinée et de la Guinée Forestière ont été formées sur les droits de la femme, le genre et les techniques d’animation et de communication pour un changement de comportement.

Grâce aux Centres d’Information de Proximité (CIP) installés par le PNUD, 170 filles et femmes victimes de VBG dans trois régions naturelles de la Guinée (Kankan, Kindia et Labé) ont bénéficié d’un accompagnement juridique et judiciaire. En 2017, 202 femmes et mineurs démunis (68 femmes et 134 mineurs) vivant en milieu carcéral (Maisons centrales de Conakry, Kindia et Labé) ont été assistées sur le plan juridique et judiciaire par le PNUD, à travers la mise à disposition de cabinets d’avocats. Ainsi, 24 femmes et 66 mineurs ont pu recouvrer leur liberté, 13 femmes et 27 mineurs ont été jugés et purgent actuellement leurs peines dans ces juridictions ; 41 mineurs et 31 femmes sont encore en prison dans l’attente de leur procès.

Les appuis stratégiques apportés au gouvernement guinéen et aux acteurs politiques par le PNUD ont été déterminants dans l’évolution des cadres, politiques et lois portant sur l’équité de genre. Plusieurs ministères et entités nationales clés ont bénéficié de son accompagnement dont :

(I) Le Ministère de la Défense Nationale. Une stratégie nationale de prévention et de résolution des conflits qui prend en compte la dimension genre a été élaborée et adoptée.

(II) Le Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance. A travers un appui financier et une expertise technique, suite à la révision de la Politique Nationale du Genre (PNG I), une nouvelle politique a été validée et son plan stratégique de mise en œuvre en 2017.

 En appui au renforcement des capacités du ministère de l’Action Sociale, 56 assistantes sociales ont été formées sur les techniques de collecte et de remontée des informations en lien avec l’évaluation finale du projet d’appui aux survivants d’Ebola.

(III) Forces de Défense et de Sécurité. L’actualisation de la politique nationale Genre a permis d’appuyer les Ministères de la Défense et de la Sécurité, à travers le Comité National de Pilotage de la Réforme du Secteur de Sécurité (CNP-RSS) et l’Office de Protection du Genre d’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), dans le processus d’institutionnalisation des structures « Genre » au sein des FDS, la révision des textes règlementaires les régissant et l’élaboration d’une stratégie genre au sein des départements du secteur de sécurité.

(III) Officiers/ières des structures genre des FDS et de l’OPROGEM ont été outillés pour la prévention et le suivi des cas de Violences Basées sur le Genre et les procédures juridiques y afférant. Ainsi, sur 323 cas de violences (viol, excision, coups et blessure) 175 ont été déférés en justice. Grâce à une assistance juridique apportée à 215 personnes incarcérées, 24 femmes et 66 mineurs/res ont été libérés, 13 femmes et 28 mineurs ont été jugés et 31 femmes et 53 mineurs sont en attente de jugement. L’existence au sein de ces entités de noyaux de formateurs dénote de la durabilité technique des processus amorcés.

(IV) Grâce à un plaidoyer du PNUD, une instance nationale de promotion du dialogue politique inclusif, le Groupe National de Contact (GNC) a été mis en place. La représentativité des femmes fut soutenue par le bureau et sur 12 membres choisis parmi des personnes réputées de grande intégrité (PRGI), 5 sont des femmes. Ces personnes ont été désignées de manière consensuelle par les trois groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale. Le GNC a pour mission de promouvoir et faciliter les espaces de dialogue, contribuer à rétablir un climat de confiance entre les acteurs sociopolitiques et à rendre l’espace politique plus convivial et paisible. Depuis sa mise en place, le GNC a mené plusieurs actions de sensibilisation, de prévention et de gestion des conflits favorisant une participation inclusive pour une paix durable en Guinée.

(V) Sur le plan juridique, l’accompagnement technique et financier du PNUD a permis l’élaboration du nouveau Code civil de la République de Guinée, qui a été adopté et promulgué au Journal officiel, en 2019. Il constitue une véritable avancée car il renforce les droits des femmes dans plusieurs domaines, notamment l’apparition de la notion d’autorité parentale qui confère à la femme guinéenne les mêmes droits que les hommes ; le choix du domicile conjugal revient de façon consensuelle aux deux conjoints ; la liberté à la femme d’exercer la profession de son choix, etc.

Focus sur le Programme ACP-UE en faveur des Minéraux du Développement mis en œuvre en partenariat avec le PNUD

Focalisé sur 8 préfectures pilotes (Coyah, Boffa, Labé, Koundara, Kankan, Faranah, Kissidougou et N’Zérékoré), une des finalités de ce programme est d’améliorer les conditions économiques et financières des femmes vulnérables évolution dans le secteur informel des mines. Il est sur 2 phases : une phase 1 pilote de 2016-2019 et la phase II de 2019-2022.

Quelques résultats

 

Phase I :

-     64 Coopératives minières artisanales formalisées dans 8 préfectures totalisant 4 437 membres, soit 46,92% de femmes (2 082 femmes) ;

-     Un recensement des exploitants miniers artisans et à petite échelle en Guinée a été réalisé sur toute l’étendue du territoire national. Il a montré que 38,56% (11 363) de femmes évoluent dans l’exploitation minière artisanale en Guinée qui compte. 29 461 exploitants.tes.

-     168 acteurs des Minéraux du Développement dont 18,45% femmes – cadres des services de l’Etat, élus locaux, artisans miniers des 4 Régions Naturelles de la Guinée – ont acquis des compétences dans trois (3) domaines : (i) gestion des mines et carrières ; (ii) gestion environnementale, communautaire, santé et sécurité et (iii) entreprenariat, analyse du marché et développement de la chaine des valeurs ; (iv) montage de plans d’affaire et recherche de financement ;

-     16 des 64 Coopératives formalisées et formées ont bénéficié des « petites subventions » d’un montant global de GNF 697 217 931 ; 6 des 16 coopératives bénéficiaires des petites subventions sont dirigées par des femmes ;

-     45 professionnels des banques et microfinances en Guinée (36 hommes et 9 femmes) ont acquis des compétences sur la finance inclusive pour le secteur des Minéraux du Développement ;

-     36 acteurs (21 hommes et 15 femmes) – étudiants, enseignants, chercheurs universitaires et cadres des services techniques et déconcentrés du Ministère des Mines et de la Géologie – sont compétents en Système d’Information Géographie (SIG) ;

Phase II :

-     Afin de répondre à l’urgence sanitaire, sociale et humanitaire et de soutenir la production économique et le relèvement post-COVID-19, le programme a accordé des petites subventions (GNF 912 031 000) à 21 Coopératives Minéraux de Développement totalisant 1 809 membres dont 57,76% de femmes). Aussi, 4 des 21 Coopératives sont dirigées par des femmes et une d’elles est exclusivement composée de femmes.

-     Le Produit 4 du programme porte sur l'intégration de la dimension de genre et le soutien aux femmes opérant dans la chaîne de valeur des Minéraux du Développement. Le but visé est le développement de l’entreprenariat féminin et l’autonomisation des femmes évoluant dans le secteur des Minéraux du Développement.   

2-       Autonomisation des femmes

L’autonomisation économique et sociale étant une des voies pour l’émancipation pleine et entière des femmes et des filles, le PNUD y accord une attention soutenue, tant au niveau des institutions qu’au niveau communautaire.

Plusieurs départements sectoriels notamment l’agriculture, l’énergie, le transport, l’environnement et l’élevage a été renforcé par des formations sur les techniques d’élaboration des statistiques de l’environnement et des annuaires statistiques : 47 cadres dont 5 femmes en ont été bénéficiaires. Ce renforcement avait pour finalité d’introduire dans les pratiques l’analyse basée sur le genre.

En 2014, pour la mise en œuvre du DSRP3, le PNUD avec l’appui des Institutions de microfinance, a mobilisé des fonds spéciaux pour une enveloppe globale de 4,8 milliards de francs guinéens destinés au financement de 476 projets portés par les femmes. En outre, la ligne de crédit de l’ONG-RAFOC a bénéficié de 710 millions de GNF qui ont accru le financement des activités économiques des femmes de la Région Administrative de Kankan.

En ce qui concerne la promotion de la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, entre 2013 et 2014, l’accompagnement du PNUD a contribué globalement à la création de 106 000 emplois dont près de 50% pour les jeunes filles. Le projet Emplois des Jeunes (PEJ) a touché 50 jeunes volontaires dont 23 filles en leur permettant de travailler dans 50 collectivités locales du pays sous la responsabilité de 20 encadreurs de proximité. 200 autres jeunes volontaires communautaires dont 84 filles ont été recrutés en 2014 pour être intégrées à la fonction publique des collectivités locales en 2015.

Le projet d’emplois temporaires lancé par le Programme Conjoint pour consolider la paix sociale en Guinée Forestière, a permis d’occuper dans des travaux HIMO plus de 1 147 jeunes dont 27% de femmes, membres de 50 associations résidentes dans les Communes de Lola, Macenta et Guéckédou.  Il faut aussi noter que 100 jeunes dont 47 filles ont eu accès à des revenus à travers l'appui aux initiatives économiques individuelles et/ou collectives dans trois préfectures. En plus d’une formation qualifiante auprès des maîtres formateurs, ces 100 jeunes à risques (déscolarisés, ex-volontaires, ex-Kalia, non scolarisés…) ont reçu les matériels et outils d’apprentissage et d’insertion. A Kindia, l’utilisation de ces techniques par les groupements a contribué à l’assainissement et l’augmentation des rendements des activités maraichères ; (vi) 595 citoyens dont 180 femmes sont capables de prévenir les dangers liés aux polluants organiques persistants à travers la vulgarisation de la convention de Stockholm.

Pour le programme apprentissage de type dual, 300 jeunes dont 180 filles ont été déployés dans les villes de Kissidougou, Macenta et Mamou. A travers, le partenariat public-privé, le PNUD a initié la formation de 500 jeunes à travers le programme « primo première chance » en vue de leur placement en stage dans les entreprises. Dans cet élan, le lancement du Projet pilote de 12 000 m2 de pavés à Conakry sur les 500 000 m2 devrait générer 5 000 emplois directs et 1000 jeunes bénéficieront de la formation sur les techniques de pavage des rues.

S’agissant des conditions de travail des femmes en milieu rural, plusieurs opérations ont été réalisées par le PNUD.

. La contribution du PNUD a permis l’installation de 19 plateformes multifonctionnelles en 2014, portant le nombre à 105.  Au moins 97 279 personnes dont 50 938 femmes bénéficient de ces unités qui contribuent effectivement à alléger la pénibilité du travail des femmes et des filles. Elles reçoivent entre 80 et 120 femmes par mois pour des services de décorticage de céréales, de mouture ou d’extraction d’huile. Elles ont généré une recette totale de près de 245 millions francs guinéens au cours de la période de mai à septembre 2014 et électrifié 7 villages supplémentaires. Vu l’importance de l’électrification rurale pour l’amélioration des conditions de vie des populations en général et des femmes en particulier, un projet pilote est en cours en Guinée forestière dans les localités de Macenta (Nzébéla) et de Guékédou (Koundou). A Nzébéla, un réseau électrique dessert 259 ménages, une école primaire, un centre de santé.

. Formations techniques des groupements de femmes. Plusieurs formations visant le renforcement des capacités techniques des femmes ont été réalisées. Les interventions du programme transformation économique et développement durable, ont permis d’outiller 32 formatrices pour la confection de foyers améliorés métallo-céramiques et 550 autres ont été formées et sont capables de démultiplier les formations sur les techniques de fabrication et d’entretien des foyers améliorés en banco.

En zone rurale, les activités agricoles constituent une des principales sources de revenus des femmes. Dans ce cadre, le PNUD a soutenu plusieurs initiatives :  10 groupements féminins ont été dotés de 10 pompes d’irrigation pour soutenir les activités maraichères de 150 productrices ; 2 groupements féminins ont bénéficié de 2 kits d’étuvages du riz et autres céréales.  En faveur de l’amélioration des conditions de vie des communautés de Foulaya (Kindia), 40 femmes ont bénéficié d’un hangar de marché d’une superficie de 150 m², de 20 étal de vente et d’un (1) forage équipé de pompe électrique immersible et de panneaux solaires avec un château d'eau d’une capacité de retenue de 4 m3.

L’entrepreneuriat féminin a bénéficié d’une attention soutenue. Ce sont 7 plans d’affaires portés par des femmes volontaires de la Croix Rouge guinéenne qui ont été financés à la suite de la formation de 17 femmes en entreprenariat social pour un montant de 72 944 USD.  Aussi, 4 femmes sur 5 entrepreneurs ont été désignées « ambassadrices de l’entrepreneuriat guinéen » dans le cadre de l’initiative « Youth connekt » à Kigali.

Le Programme INTEGRA (intégration socioéconomique), mené dans le cadre d’un consortium avec ENABEL, met l’accent sur le parcours d’insertion socio-économique intégré en 6 piliers (savoir-être, savoir-faire, savoir vendre, éducation financière, accès au financement et incubation) adaptés à tous les profils de jeunes accompagnés (entrepreneurs, salariés et indépendants) cible 2 500 jeunes dont 35% de filles. Il a contribué, sous le leadership du Ministère de la jeunesse et de l’emploi jeune, à l’élaboration et adoption d’une stratégie nationale d’emploi des jeunes tenant compte de la vulnérabilité et sexo-spécifique de l’emploi en vue d’une harmonisation des interventions en faveur des jeunes. Cette vision partagée entre la Guinée et ses partenaires est consignée dans la politique nationale de l’emploi, en cours de validation. Aussi, l’initiative pilote ‘’YouthConnekt’’ pour faciliter la connexion des jeunes aux opportunités de l’emploi attend un financement (Trust Fund Russie) pour la phase suivante (« Youth Connekt for women ») ciblant 600 femmes entrepreneuses à accompagner.

Dans le cadre du relèvement post-Ebola, qui a affecté beaucoup plus de femmes, la mise en œuvre du programme en faveur des survivants a permis l’implémentation de 43 projets de développement socio-économiques impactant la vie de 40 000 personnes dont 58,75% de femmes.

3-       Environnement, Résilience et Changement climatique

L’installation des compétences dans les entités pérennes de l’Etat est une des approches du PNUD. A ce titre, 246 cadres dont 18 femmes des ministères (MATD, ministère de l’environnement) ont bénéficié de séances de formation sur les méthodes d’adaptation et d’intégration des changements climatiques dans les plans locaux de développement. Ainsi, plusieurs plans communaux intègrent désormais la problématiques environnementale et climatique en lien avec les préoccupations des femmes dans leur priorité d’intervention.

Dans le domaine de la promotion des filières, l’analyse fonctionnelle des chaînes de valeur relève une prédominance des femmes (organisées ou non) au niveau de tous les principaux maillons des filières de production dans l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat, les minéraux de développement et l'environnement.

Dans le domaine de la protection de l’environnement, les actions de renforcement de la résilience des communautés et de promotion des énergies renouvelables impliquent les femmes et les jeunes : 175 femmes ont été formées et sont capables de mettre en pépinière les essences forestiers, 184 autres ont été sensibilisées aux impacts liés aux risques climatiques. Les techniques de compostage et de valorisation des ordures ménagères ont concerné 450 femmes de 15 groupements.

 

La prise en compte des préoccupations des personnes vulnérables face aux effets néfastes du changement climatique notamment les femmes, les personnes vivant avec handicap, les jeunes, les personnes du troisième âge sont au centre des actions des projets mis en œuvre. Dans ce cadre, le PNUD a mis l’accent sur l’information et la sensibilisation sur les risques climatiques et anthropiques : environ 1 200 personnes dont 71 décideurs du développement rural au plan régional, préfectoral et communal dont 184 femmes (soit 22%) ont été touchées.

La promotion des foyers améliorés et des bio digesteurs pour les femmes en milieux urbain et rural ont permis un meilleur accès à l’énergie renouvelable comme combustible pour la cuisson et l’éclairage. Plus spécifiquement, l’appui du PNUD à consister à l’installation de 500 bio digesteurs domestiques fonctionnels ayant permis d’éviter les émissions de GES à 2258 teqCo2 et aussi de préserver 105 ha de forêt soit l’équivalent de 1 700 tonnes de bois énergie. A travers la formation de 22 artisans/nes sur la fabrication des foyers métalliques améliorés, ce sont 1 950 ménages qui utilisent ces foyers améliorés dans 11 Communes Rurales des préfectures de Mandiana, Kouroussa, Faranah et Kissidougou. Ces foyers contribuent à coup sûr à la préservation de l’environnement et à la réduction du temps de travail des femmes. Plusieurs femmes ont témoigné que l’utilisation des foyers améliorés leur permette de consacrer plus de temps à d'autres activités importantes pour le ménage, telles que le maraîchage et les activités génératrices de revenu

Le programme pays du PNUD a le mérite d’avoir accordé dès la programmation, une attention particulière à l’équité singulièrement à l’égalité de genre. L’approche « Gender markers » ou marqueur de genre est omniprésente dans la chaîne des résultats au niveau des deux piliers.  Dans ce domaine, le bureau pays a pris de options fortes :

        I.            Renforcer les capacités du staff au niveau programme et des partenaires sur l’intégration du genre dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre des projets pour qu’ils soient sensibles et répondent aux besoins de promotion et d’autonomisation des femmes ;

      II.            Instaurer pour tous les nouveaux projets au moins une notation Gender Marker ;

    III.            Prioriser le ciblage d’activités sensibles au genre lors de l’élaboration des PTA 2018 et lors des revues semestrielles ;

    IV.            Faire un contrôle de qualité régulier des projets pour s’assurer que l’analyse genre est une réalité et que les activités planifiées répondent aux besoins spécifiques des femmes.

4-      L’accompagnement spécifique du PNUD en temps de COVID-19 aux CAF

La situation singulière des femmes en Guinée rende la plupart d’entre elles très vulnérables aux crises.

En effet,  la pandémie du COVID-19 a fortement ralenti et même arrêté les activités économiques des femmes et des organisations féminines : quasi confinement à domicile et arrêt des AGR, déplacements limités, fermeture des frontières empêchant l’acquisition de matières premières et d’œuvre, la mobilisation des compétences, …

Préalablement, le PNUD avait développé un partenariat avec la Direction nationale des CAF pour l’accompagnement des CAF en particuliers ceux des préfectures de Fria, Mamou, N’Zérékoré et Kankan.

Ces CAF sont devenus de nos jours des centres de référence par la mise place par eux des stratégies de communication et de mobilisation des ressources ayant permis de coopter de nouveaux partenaires, d’accroître leur capacité d’accueil et de diversifier les services offerts par l’intégration de nouvelles filières porteuses de rendement.

Le programme PEFAF étant en ralentissement durant la période de confinement, le PNUD de concert avec la direction des CAF a soutenu des AGR avec quelques CAF (Matoto, Camayenne, Kaloum) dont le but est de renflouer les caisses des groupements partenaires. Ainsi en lien avec l’Office de contrôle de qualité qui a validé les modèles, ces 3 CAF ont assuré la confection et la commercialisation de bavettes, d’eau de javel et de savons à72%.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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