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06 Août 2007

Le PNUD appuie la publication du "code électoral" et "la loi fondamentale" en écriture "NKO"

Plus de cinq (500) exemplaires de la Loi Fondamentale et autant du Code Electoral de la République de Guinée sont maintenant disponibles en écriture « N’KO ». La traduction du français au « N’KO » de ces deux documents majeurs en matière d’élection et de renforcement de la démocratie a été rendue possible grâce à un appui financier du PNUD, à travers le DAP Gouvernance, à l’ONG locale ADIC (Association d’Appui au Développement des Initiatives Communautaires). Et ce, dans le cadre du projet intitulé : « La Traduction et la Transcription en N’Ko des textes juridiques et leur vulgarisation en milieu rural ». Sa mise en oeuvre s’est déroulée selon deux grands axes : la formation de trente (30) animateurs, et l’organisation de séances de sensibilisation et de vulgarisation desdits textes juridiques par lesdits animateurs. Sur la justification du projet, un responsable de l’ADIC déclare : « Bien que la Guinée ait consenti assez d’efforts en matière d’élaboration des textes juridiques (Loi Fondamentale, textes législatifs et réglementaires), ceux – ci n’ont pas été accompagnés par une stratégie d’information et de sensibilisation des populations afin de les amener à exercer pleinement leur citoyenneté. En effet, l’information juridique est généralement inaccessible aux populations, spécialement en milieu rural ». A cause aussi de l’analphabétisme (en français) de l’écrasante majorité de la population. Ce qui fait que, poursuit le responsable, « Dans l’ensemble, les textes de loi sont peu appliqués ».

L’utilisation du « N’KO », comme outil de sensibilisation des lettrés en « N’Ko », a eu pour objectif de renforcer le niveau de connaissance de ces derniers sur leurs droits et devoirs citoyens en vue d’accroître leur participation consciente aux différentes élections : communales et communautaires, législatives et présidentielles.

Le « N’KO » qui signifie, en langue malinké, « Je dis » est une invention du savant Guinéen Souleymane Kanté. Il l’a fait connaître au grand public en avril 1949. Le « N’Ko » comprend 27 alphabets. Il est parlé, lu et écrit par des millions de personnes dans plusieurs pays notamment dans ceux de l’Afrique de l’Ouest. En République de Guinée, il existe des écoles d’enseignement du « N’KO » et des Associations qui font de sa promotion leur principal centre d’intérêt. Le Coran, Livre Saint des musulmans, ainsi que d’autres ouvrages d’intérêt scientifique et culturel ont été écrits et/ou traduits en « N’KO ». L’inventeur est lui-même auteur de 183 ouvrages portant sur des sujets divers. La lecture en « N’KO » se fait de droite à gauche. Les populations rurales des zones de localisation du projet sont, en grande majorité, alphabétisées en « N’KO ».

Au total, les animateurs ont organisés 518 séances de sensibilisation. Celles-ci ont touché 20 060 personnes (dont 9 130 femmes et 10 930 hommes) vivant dans 30 localités situées dans les préfectures de Kankan, Kouroussa et Siguiri respectivement distantes de 690 Kms, 595 Kms, 771 Kms de la capitale nationale, Conakry.  Pour le Vice Président de l’ADIC, « En terme d’impact, la traduction et la transcription en N’KO de ces documents juridiques ont été très bien accueillies et saluées par les communautés rurales et les autorités locales. Cela a facilité la compréhension des textes juridiques en vigueur dans notre pays ». Ce que confirment  deux participants. Tandis que Mme Kamissa Tenèn Kéïta, ménagère, affirme : « Moi, je n’ai jamais voté ; c’est mon mari qui votait toujours à ma place. Grâce à l’ADIC, je vais accomplir les mêmes droits de vote que mon époux » un sage du village de Balato soutient que « Suite aux multiples séances de sensibilisation … nous connaissons désormais tout le processus électoral en Guinée. Nous savons désormais que l’homme et la femme sont égaux devant la loi. Aujourd’hui, les femmes s’expriment librement en public dans notre village … ».

A noter que les documents juridiques traduits ont été distribués aux participants ainsi qu’aux autorités locales et autres bénéficiaires du projet.